Mercredi 25 Fevrier 2009
Le passé dans une poubelle
Parmi les lecteurs de ce blog, certains savent que j'ai déménagé il y a peu.
Oui, j'ai fait un aller direct Provence -> Alsace où j'ai atterri dans une minuscule ville paumée; ensuite j'ai bougé vers Mulhouse et depuis juillet j'habite à Strabsourg.
De nature, et par déformation professionnelle aussi, j'ai toujours aimé conservé. Les lettres, les livres, les cours, les poèmes, les revues, les bouchons de bouteille de champagne ouvertes pour un évènement particulier, la laisse de mon chien décédé, les canettes en métal, les pins, les jeux de société de quand j'avais 10 ans, les pétales de fleurs séchées des bouquets offerts par mon amoureux, les cartes postales et posters que j'accrochais au mur étant ado, les bougies (même finies) de ma période "my life is a candle" : en gros, je gardais TOUT!
Était-ce en pensant à la postérité : futurs archéologues, futures enfants, petits-enfants, neveux ...
Était-ce à cause du côté sentimental qui m'attachait à ces différents objets ? Surement.
Toujours est-il qu'au fur et à mesure de ma vie, il a fallu faire des sacrifices.
Ça a commencé quand, les jours où je m'ennuyais, ou bien pressée par mes parents, j'ai dû faire de l'ordre, du rangement, du tri...
Je passais alors un après-midi à vider les tiroirs et à trier. Vous le croirez ou pas, mais d'une chambre de 9m² environ, je sortais des gros sacs poubelles d'affaires... Mes parents hallucinaient !
Le pire était que malgré tout ce que j'avais jeté, il y en avait encore autant!
Après il y a eu a phase : je prends un studio pour mes études...
Alors au début pas de souci, j'avais apporté quelques affaires dans le studio et le week-end, je rapportais chez mes parents, mes affaires à laver et mes cours pour bosser.
Mais au fur et à mesure, j'ai commencé aussi à remplir le studio : fringues, bougies, bouquins, vaisselle etc.
Au point que le week-end ou pour les vacances, j'en ramenais de plus en plus chez mes parents... car je pensais avoir besoin de certaines choses chez mes parents...
Au point que le jour où j'ai définitivement quitté ce studio, cela a été un véritable déménagement!
Puis le départ pour l'Italie ... Ne sachant pas où j'allais atterrir, ne sachant pas de quoi j'allais avoir besoin sur place, étant aventurière mais pas trop quand même, j'ai rempli à moi seule le coffre de la voiture de mes parents (une BX à l'époque si je me souviens bien...). Par contre, je ne me souviens plus si à l'aller on avait pris la remorque...
J'avais donc emmené : des fringues (toutes mes fringues lol), une petite tv, des draps, ma guitare, un poste pour écouter la musique....
Et une fois sur place, j'ai reproduis le même schéma que dans le studio d'étudiante : j'ai encore rempli.
Au point qu'à mon départ, mes parents sont venus me chercher ....avec une remorque .... qu'on a remplie au maximum!
Deux années ont passé (maîtrise et Capes) et le départ pour l'Est arriva.
La bonne blague... J'allais m'installer en Alsace mais le jour de mon départ, je n'avais pas encore trouvé d'appartement... DONC : emmenons donc le maximum au cas où je ne trouve pas un meublé : fringues, table basse, lit, vaisselle...
Une fois sur place, je trouve un appart' mais vide... Donc j'ai dû acheter un frigo, une table, un lave-linge, des chaises...
Bon, je vais abréger parce que ça commence à faire long!
En gros, à chaque fois que j'ai atterri quelque part dans ma vie, j'ai rempli ce quelque part d'objets, fringues, vaisselles, livres etc. Peut-être pour remplir le vide affectif causé par l'éloignement.
Bon, quand même au fur et à mesure j'ai mûri (et oui!). Donc quand j'ai déménagé de la petite ville vers Mulhouse, j'ai fait du tri.
Idem (mais en plus grandes quantités) quand j'ai déménagé de Mulhouse vers Strasbourg... et là j'étais encore plus obligée car mon amoureux collocataire avait lui aussi ses affaires!
Donc j'ai dû me séparer de pas mal de choses : ma première commode (lol), mon premier canapé (re lol), mon bureau d'étudiant (que mes parents m'avait apporté entre temps), un fer à repasser, mon fidèle mini-four (que j'avais déjà dans le studio quand j'étais étudiante!) des étagères (mes premières aussi), de la paperasse, des fringues etc.
Dur sur le coup, mais tout de même, le camion de déménagement était plein!!!!!!!!!
Une fois à Strasbourg, on a déballé, on a vendu encore quelques meubles (le lit par exemple). Question de place et d'argent car on a voulu acheter des meubles neufs ou bien plus pratiques à installer dans le nouvel appart.
Au final, de mon ancien appart, de mon passé, il n'est resté.... que ma table basse, le frigo, le lave-linge et deux étagères-casiers.
TOUT LE RESTE a été vendu ou jeté : bureau, lit et matelas, meuble tv, commode, étagères, deux planches avec tréteaux (qui servaient du bureau et de plan de travail), miroir, canapé, pouf etc.
Mon copain, lui, a conservé son lit, son meuble à chaussures, son bureau (qui est devenu le mien), son clic-clac, sa table à manger, ses étagères.
Il fait savoir faire des concessions...
Bon nous sommes en février et depuis juillet, il y a encore des cartons qui trainent.... Donc hier, étant en vacances, je me suis attaquée à vider les derniers cartons.
La poubelle s'en souvient : j'ai jeté tous mes cours du capes et de fac (que je gardais alors que je ne les relisais jamais, certains étaient devenus faux historiquement etc.), j'ai jeté des objets de déco auxquels je tenais mais qui n'allaient pas dans la déco de l'appart, j'ai mis en vente... et là vous allez rigoler... mes billes!!!! OUI, j'avais gardé mes billes de l'école primaire!!!! Enfin bref, j'ai vidé trois cartons donc les 3/4 ont fini à la poubelle ou en vente sur Internet...
Mais ce que je vous ai pas dit, c'est que dernièrement, mes parents sont venus nous rendre visite et m'ont apporté 6 ENORMES CAISSES DE BOUQUINS!! Et oui, j'en avais laissé chez mes parents. Alors la cave étant pleine et les bibliothèques de l'appart aussi, je suis condamnée à m'en séparer. Donc j'en ai donnés, j'en ai vendus, jetés, gardés, mais la déchirure n'est pas terminée...
Mais finalement, vivre avec le passé n'est pas très bon. Depuis hier et ces derniers mois de triage d'archives (lol), je me sens plus libre et regarde vers l'avenir plutôt que vers le passé. Je n'aborde plus l'avenir en lui tournant le dos (le jeune? -> blague que peu comprendront, manifestez-vous!)...
Donc mettre son passé à la poubelle est dur sur le coup mais fait grand bien au moral finalement (et aux étagères!).
Par pepine-la-breve, Mercredi 25 Fevrier 2009 à 10:00 GMT+2 dans Divers








